Article PILEn : L'Apprimerie
 

L’Apprimerie

Édition numérique & approche inclusive


 (c) L’Apprimerie

(c) L’Apprimerie

Maison d’édition exigeante et novatrice, l’Apprimerie enchaîne les projets où édition numérique et approche inclusive vont de pair. Le 18 octobre, l’équipe des « Apprimeurs » organise une journée de conférences et de rencontres sur l’accompagnement des élèves dyspraxiques au Cargo (Paris). Le PILEn saisit cette occasion pour revenir sur les missions de l’Apprimerie, ainsi que sur leur implication dans le projet Dyspraxiatheca. Cerise sur le gâteau, Julie Guilleminot, directrice de la maison, a accepté de répondre à nos questions sur le sujet. Ne manquez pas son interview en fin d’article !

            Depuis 2012, L’Apprimerie édite des ouvrages – majoritairement – numériques interactifs, illustrés et sonorisés. Cette maison d’édition parisienne, résolument novatrice, constitue l’occupation principale de la start-up Les Apprimeurs, qui gère également le site Carte à lire. Cette entreprise a développé très rapidement une véritable expertise dans le domaine de l’édition numérique, tant dans la conception d’ebooks que dans leur diffusion et leur distribution. Leur partenariat au projet Dyspraxiatheca, présenté dans un autre article il y a quelques jours, s’avère en cela vital.

            Un des objectifs assumés de L’Apprimerie a toujours été d’offrir des services qui répondent aux nouveaux défis auxquels la chaîne du livre se trouve régulièrement confrontée. Dans le cadre de la Dyspraxiatheca, il s’agit bien sûr d’imaginer comment l’édition numérique peut répondre à des problématiques liées à l’accessibilité et à l’interactivité. En gardant ces questions en tête, l’équipe des Apprimeurs a conçu et développé une série d’ebooks interactifs où le choix de la police, de l’interlignage ou encore de la colorisation du texte sont autant d’éléments facilitateurs pour les apprenants dyspraxiques. Cette bibliothèque comprenant une centaine de titres numériques adaptés et personnalisables est disponible gratuitement, aux côtés d’autres ressources et outils, sur la plateforme Dyspraxiatheca.

L’Apprimerie, en coordination avec le Labo de l’édition et LINCC, organisera le 18 octobre prochain une journée de rencontres et de conférences au Cargo (Paris) pour revenir sur l’aventure Dyspraxiatheca et aborder la question plus large de l’accompagnement de l’élève dyspraxique. Cet évènement permettra de croiser les regards de différents professionnels issus du monde de l’édition et de l’éducation, ainsi que des spécialistes de la dyspraxie. Si ces thématiques vous intéressent, il ne reste plus qu’à vous inscrire en cliquant sur ce lien.


PILEn : Pourquoi avoir initié le projet Dyspraxiatheca ? Quels sont les objectifs ? Qu’apporte la dimension européenne ? 

            Julie Guilleminot : Le projet Dyspraxiatheca est né il y a près de 3 ans après une rencontre avec notre partenaire belge LogoPsyCom. La méconnaissance du trouble dyspraxique et le manque de ressources disponibles nous ont menés à imaginer cette première banque de ressources permettant de rassembler des contenus directement exploitables par les professeurs, parents et élèves afin de les informer et de les accompagner dans le parcours scolaire.

            Si certains pays européens sont déjà bien avancés sur la question, d’autres ne sont qu’au tout début de la reconnaissance et de la prise en charge des troubles dys. L’échange de compétences et d’expériences entre pays européens est au cœur du programme Erasmus+. Le premier objectif du projet était donc de sensibiliser nos autres partenaires européens aussi bien au trouble dyspraxique et à sa prise en charge qu’à l’utilisation des outils numériques comme le livre numérique au format EPUB dans leur pratique professionnelle.

            Selon vos estimations, combien de personnes composent le public DYS concerné ? Quelles sont les initiatives en France ? Comptez-vous également vous intéresser plus tard à un public malvoyant ?

            JG : Il y a peu d’études sur le sujet mais on estime en France qu’il y a environ 6% à 8% d’enfants diagnostiqués dys (dyslexiques, dysorthographiques, dyspraxiques, dyscalculiques, dysphasiques…).

            La prise de conscience se généralise et de nombreuses initiatives ont vu entre temps le jour en France : liseuses dédiées aux troubles dys, collections de livres adaptés papier et numériques… Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir notamment en termes de prise en charge et d’accompagnement, aussi bien dans le parcours scolaire de ces enfants que dans leur vie professionnelle.

            L’accessibilité à l’écrit et à la lecture est au cœur de notre démarche. En parallèle de Dyspraxiatheca, nous sommes également leader d’un autre projet Erasmus+, Open-Sign, qui a pour vocation de proposer le premier magazine culturel européen à destination des jeunes sourds au format WEB et EPUB. Nous sommes également partenaire technique sur d’autres projets européens sur la question de l’écrit et de l’apprentissage de la lecture.

           Cela fait maintenant 5 ans que l’Apprimerie a vu le jour. Quel bilan dressez-vous de ces années ? 

            JG : L’édition numérique est un chantier en plein développement, très complexe par la diversité des secteurs concernés. Depuis le début de notre activité, nous avons pu constater que ses problématiques et ses perspectives dépassaient largement le cadre de l’édition traditionnelle et touchaient de nombreux secteurs comme l’éducation, la recherche ou encore le patrimoine…

L’évolution du format EPUB est très prometteuse sur les questions de l’accessibilité, de l’interopérabilité et des nouvelles pratiques de lecture et nous militons en faveur de son adoption au-delà du secteur de l’édition.

Nicolas Baudoin